| 1 Quant aux impies, la colère de Dieu fondit sur eux sans miséricorde et y demeura jusqu'à la fin, parce qu'Il prévoyait ce qui devait leur arriver; | 1 Pour les impies par contre, une fureur impitoyable les frappa jusqu’au bout, car Dieu savait d’avance ce qu’ils feraient: |
| 2 car après avoir permis aux Israélites de s'en aller, et les avoir renvoyés avec un grand empressement, ils en eurent du regret, et se mirent à leur poursuite. | 2 après avoir autorisé ton peuple à s’en aller, et l’y avoir même poussé, ils changèrent d’avis et se mirent à sa poursuite. |
| 3 Tandis qu'ils avaient encore le deuil, pour ainsi dire, entre les mains, et qu'ils pleuraient aux tombeaux de leurs morts, ils conçurent follement une autre pensée, et ils se mirent à poursuivre comme des fugitifs ceux qu'ils avaient renvoyés avec des supplications. | 3 Ils n’avaient pas fini de pleurer les morts et de se lamenter sur les tombes lorsqu’ils prirent la folle décision de poursuivre comme des fugitifs ceux qu’ils avaient supplié de partir. |
| 4 Car une juste nécessité les conduisait à cette fin, et ils perdaient le souvenir de ce qui leur était arrivé, afin que la punition mît le comble à ce qui manquait à leurs supplices, | 4 Une juste fatalité les poussa à cette mesure extrême et leur fit oublier tout ce qui était déjà arrivé: il fallait que de nouveaux tourments mettent le comble à leur châtiment. |
| 5 et que Votre peuple passât merveilleusement, alors qu'ils trouvaient eux-mêmes un nouveau genre de mort. | 5 Ton peuple allait faire l’expérience d’un voyage incroyable, mais eux devaient connaître une mort peu commune. |
| 6 Toutes les créatures prenaient comme à l'origine, chacune en son genre, une nouvelle forme, obéissant à Vos ordres, afin que Vos serviteurs n'éprouvassent aucun mal. | 6 Sur ton ordre toute la création, avec ses propriétés naturelles, fut renouvelée d’en haut afin de protéger tes enfants. |
| 7 En effet, une nuée couvrait leur camp de son ombre, et là où l'eau était auparavant, apparut la terre sèche; il y eut un libre passage au milieu de la mer Rouge, et un champ couvert d'herbes dans ses profonds abîmes. | 7 On vit une nuée couvrir le camp de son ombre et la terre sèche apparaître au milieu de l’eau; un passage sûr s’ouvrit dans la mer Rouge, une plaine verdoyante remplaça les flots impétueux, |
| 8 Là passa tout le peuple que Vous protégiez de Votre main, et il contempla Vos merveilles et Vos prodiges. | 8 et tout le peuple y passa. Protégé par ta main, il fut témoin de ces prodiges étonnants. |
| 9 Ils se réjouirent comme des coursiers dans de gras pâturages, et ils bondirent comme des agneaux, en Vous glorifiant, Vous, Seigneur, qui les aviez délivrés. | 9 Ils folâtraient comme des chevaux au pâturage, ils gambadaient comme des agneaux, ils te louaient, Seigneur, car tu les avais délivrés. |
| 10 Ils se rappelaient encore ce qui était arrivé au lieu de leur exil, comment la terre, au lieu d'autres animaux, n'avait produit que des mouches, et comment le fleuve, au lieu de poissons, avait vomi une multitude de grenouilles. | 10 Ils pouvaient se rappeler ce qu’ils avaient vu dans le pays de leur exil, comment le sol s’était couvert, non pas d’animaux mais de moustiques, et comment le fleuve avait rejeté, non pas des poissons, mais d’innombrables grenouilles. |
| 11 En dernier lieu, ils virent une nouvelle sorte d'oiseaux, lorsque, entraînés par la convoitise, ils demandèrent une nourriture exquise. | 11 Plus tard, ils virent encore des oiseaux naître d’une nouvelle façon, lorsque la faim les pressait et qu’ils demandaient une nourriture plus substantielle; |
| 12 Pour satisfaire leur désir, les cailles se levèrent pour eux du côté de la mer, et le châtiment ne tomba pas sur les pécheurs sans qu'ils eussent été avertis par de violents tonnerres; car ils souffraient justemeent ce que leurs crimes avaient mérité. | 12 des cailles sortirent de la mer pour subvenir à leurs besoins. |
| 13 En effet, ils avaient été inhospitaliers d'une manière plus détestable que d'autres: ceux-là n'avaient pas voulu recevoir des étrangers inconnus; mais ceux-ci avaient réduit en servitude des hôtes bienfaisants. | 13 Les autres, les pécheurs, avaient été avertis par de violents orages, avant que les châtiments ne s’abattent sur eux. Ils étaient punis en toute justice pour leur propre méchanceté, car ils avaient montré une haine cruelle envers des étrangers. |
| 14 Bien plus, ceux-là avaient été punis pour avoir reçu à contre-coeur des étrangers; | 14 Ailleurs on avait refusé d’accueillir des inconnus, mais eux avaient réduit en servitude un peuple bienfaisant installé chez eux. |
| 15 mais ceux-ci, après avoir recueilli avec joie des hommes qui jouissaient des mêmes droits qu'eux, les tourmentaient très cruellement, | 15 Ceux qui avaient odieusement reçu des étrangers devaient être punis, |
| 16 Aussi furent-ils frappés d'aveuglement, comme les premiers l'avaient été à la porte du juste, lorsque, couverts de ténèbres soudaines, ils cherchaient chacun la porte de leur maison. | 16 mais eux, qui avaient accueilli nos pères avec des fêtes, ils les avaient ensuite accablés de terribles corvées après les avoir traités en égaux! |
| 17 Lorsque les éléments changent d'ordre entre eux, il arrive comme dans un instrument de musique où la qualité des sons est transformée, sans que rien perde l'harmonie qui lui est propre; c'est ce qu'on peut voir clairement par ce qui arriva alors. | 17 Aussi furent-ils frappés d’aveuglement, comme il était arrivé aux habitants de Sodome devant la porte de Lot, le juste: ils s’étaient retrouvés dans le noir et chacun allait à tâtons, cherchant sa propre porte. |
| 18 Car les animaux terrestres devenaient aquatiques, et tous ceux qui nagent passaient sur la terre. | 18 C’est ainsi que les différents éléments du monde interchangeaient leurs propriétés, tout comme sur la cithare l’alternance des sons change le rythme, chaque note gardant toutefois sa tonalité propre. Et, si l’on examine les faits, c’est bien ce qui arrivait. |
| 19 Le feu surpassait dans l'eau sa propre puissance, et l'eau oubliait sa vertu d'éteindre. | 19 Ce qui vit sur terre s’adaptait à l’eau, ce qui est fait pour l’eau devenait terrestre. |
| 20 D'un autre côté, les flammes épargnaient la chair fragile des animaux répandus en tous lieux, et elles ne faisaient pas fondre ce mets délicieux, qui néanmoins fondait aussi aisément que la glace. Car en toutes choses Vous avez glorifié Votre peuple, Seigneur; Vous l'avez honoré et Vous ne l'avez pas méprisé, l'assistant en tout temps et en tout lieu. | 20 Le feu brûlait plus fort au contact de l’eau, et celle-ci oubliait de l’éteindre. |
| 21 Les flammes ne brûlaient pas les insectes fragiles qui les traversaient; elles ne faisaient pas fondre la manne, cette nourriture divine qui aurait dû se liquéfier, comme le givre, en un instant. |
| 22 Oui, Seigneur, de mille façons tu as exalté et glorifié ton peuple! Jamais tu ne l’as oublié, mais tu l’as assisté toujours et partout! |